Petit roman fantastique – Chapitre 10

  Un peu trop tard, cependant, pour éviter totalement la flèche. Il ne combattait plus contre un seul bandit, mais contre un second également. Un archer, qui avait failli le transpercer totalement. Benoît réagit immédiatement et s’approcha de l’épéiste pour le soigner. Pendant ce temps, Elena était seule contre trois bandits : deux sorciers et un prêtre. Chacune de ses attaques arrivait à toucher un sorcier, mais le prêtre était très habile et arrivait à soigner chaque blessure. Anna n’arrivait pas à la soutenir car elle était occupée par deux autres flyers qui arrivaient à la toucher régulièrement, et, Benoît, concentré sur l’épéiste qui recevait de lourdes blessures, ne pouvait pas l’aider totalement. C’était donc avec quelques blessures minimes qu’elle devait combattre. Sa folie meurtrière devenait de plus en plus forte, et une rage extrêmement importante était en train de l’envahir. Bien décidée à tuer ses deux adversaires, elle appela les deux démons qu’elle avait invoqué dans la maison de Théo, pour qu’ils soient présents si le combat tournait mal. Les deux flyers devaient donc arrêter de pourchasser Anna et se concentrèrent sur les démons. Pendant ce temps, la rage intense d’Anna prenait le dessus sur tout. Elle ne voulait que la mort de ses adversaires, une mort simple et rapide. Elle souhaitait voir des cendres, et un feu qui les consumeraient de l’intérieur. Elle imaginait une flamme violette, puis ses deux adversaires exploser de l’intérieur. Une concentration sans faille alors que ses démons étaient en train de mourir face aux deux flyers. Encore un peu plus de temps. Un tout petit peu plus. Alors que les flyers avaient tué les démons et s’apprêtaient à attaquer de nouveau Anna, son attaque était prête. Un flash. Une chaleur et une lumière violette. Un bruit d’explosion. Ses adversaires avaient été réduits en cendres. Anna sentait une puissance très importante monter en elle.

  Anna vit cependant qu’Elena était sur le point de tomber à terre et de perdre son combat. L’épéiste arrivait à parer les attaques de son adversaire mais n’arrivait jamais à esquiver complètement les flèches de son deuxième adversaire. Benoît était incapable de l’aider davantage, il avait été avertit par Théo des blessures d’Elena. Le combat durait déjà depuis plusieurs heures, et c’est à ce moment que l’épéiste comprenait la méthode de combat de l’archer ennemi. Il prévint immédiatement Théo d’arrêter d’attaquer son ennemi direct, et lui expliquait longuement la technique qu’il utiliserait pour tuer l’archer ennemi. En attendant, Théo devait concentrer ses attaques sur les ennemis d’Elena. Maintenant que son ennemi direct pouvait esquiver correctement ses attaques, il arrivait à voir les flèches venir et à les parer ou les esquiver. Il continuait à se battre de la même manière tout en s’approchant de l’archer, et lorsqu’il prévint Théo d’attaquer, il lança une épée sur l’archer, qui fut tué sur le coup. Désormais vulnérable, il était incapable de vaincre son adversaire, mais il n’était pas décidé à reculer. Son adversaire fondit sur lui telle une furie, et reçut une flèche en plein dans sa tête avant d’avoir pu toucher l’épéiste. Il put donc rapidement aller chercher son épée et attaquer de nouveaux adversaires.

  Elena était à terre, impuissante face à ses adversaires. Le soutien de Benoît et Théo n’avait pas été suffisant, et Anna avait subitement disparu. Elena n’avait même plus assez de force pour demander de l’aide aux autres, Anna ne répondait pas, mais l’épéiste avait eu le temps d’attaquer les sorciers pour éviter qu’Elena se fasse tuer. Il était cependant incapable de gérer deux sorciers seul, et Théo n’arrivait pas à leur tirer dessus, ils étaient beaucoup trop rapides pour lui. L’issue du combat était décidée d’avance, mais il était bien décidé à tout faire pour gagner le combat. Sans Anna, il n’avait quasiment aucune chance de les battre. Il décida donc d’attaquer en premier le prêtre, qu’il n’eut aucun problème à tuer. Désormais, les deux sorciers n’avaient plus personne pour soigner leurs blessures. Benoît avait écarté Elena du champ de bataille, ce qui permettait à Théo et à l’épéiste de se battre sans avoir de chance de l’achever. Alors que l’épéiste était en train de battre un sorcier, le second sorcier réussit à attaquer violemment Théo, qui fut assommé immédiatement et tomba au sol. À partir de ce moment, Benoît fut aussi attaqué et tomba également. L’épéiste se retrouvait donc seul contre deux sorciers, dont un en pleine forme. Le combat durait encore quelques longues minutes, et, lorsque l’épéiste fut trop blessé pour continuer à combattre, il fut déplacé à l’écart des autres par une force inconnue. Un seconde de silence, deux, trois. Les deux sorciers, pensant avoir gagné la bataille, commencèrent à aller vers les corps allongés pour les dépouiller. Mais une force invisible les avait bloqué dans une très étroite cage. Alors qu’ils tentaient de se téléporter à l’extérieur en vain, Anna réapparut avec un immense sourire, et les fixait pendant quelques secondes.

  « Alors, ça fait quoi d’être coincés ? Mes pauvres petits pandas !
- Pandas ?! s’étonnèrent les bandits.
- Oh, ils savent parler ! Ne vous inquiétez pas, je ne serai pas longue. Vous allez mourir d’une seconde à l’autre, sans souffrir. Enfin, vous n’allez pas trop souffrir. Enfin, pas énormément. Vous allez juste me supplier de vous tuer tant la douleur sera immense. »
Anna, fière d’elle, commençait à les attaquer. Elle invoqua deux démons qui endormirent les deux sorciers et se mirent à posséder leur esprit. Ils les détruisaient intérieurement, leur donnait d’énormes cauchemars, détruisirent tout ce qui leur permettait d’avoir une raison. Lorsqu’ils furent réveillés, ils étaient devenus fous. Ils hurlaient et souffraient à chaque instant. Les démons, en les possédant, les forçait à souffrir de partout dans leur corps, d’une manière extrêmement intense. La douleur était telle qu’ils tentaient de se tuer en se griffant. Anna riait. Sa folie meurtrière l’avait totalement possédée, et voir ses ennemis souffrir lui faisait plaisir. Mais le spectacle était trop répétitif à son goût. Elle ordonna donc à ses démons de stopper la douleur pendant quelques secondes, et de les détruire intérieurement, leur retirer les organes un par un, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que du vide dans leur corps. Elle regarda le spectacle pendant plusieurs minutes, puis ordonna à ses démons de dévorer les cadavres.

  Elle ramena l’épéiste près des autres, et tenta de réveiller Benoît, sans succès. Elle dut attendre pendant plusieurs heures, à l’intérieur de la maison de Théo avant qu’il puisse enfin se réveiller. Il commença à la questionner :
« Que s’est-il passé ?
- Tais-toi et soigne les autres, je vous expliquerai tout en temps voulu. »
Il s’exécuta et guérit tout le groupe. Une fois qu’ils furent tous réveillés, Anna dit :
« Coucou tout le monde ! Désolé de vous avoir laissé vous débrouiller, mais j’étais en train de préparer une petite surprise à nos défunts ennemis.
- Et tu as failli nous laisser mourir ! s’énerva Elena.
- Non, j’ai failli agir quand j’ai vu que notre cher épéiste était trop long et que tu étais sur le point de mourir. Mais il a finalement été assez rapide. Bien, laissez-moi vous dire comment j’ai tué ces deux petits sorciers. C’était très drôle !
- Mon dieu, j’ai peur, marmonna Benoît.
- Tu devrais avoir peur ! Je les ai détruit ! C’était tellement drôle ! Je me suis bien amusée ! Je les ai bloqués dans une sorte de cage invisible, ensuite mes démons leur ont donné de très jolis cauchemars à nos amis ennemis. Quand ils se sont réveillés, ils étaient fous, et souffraient à un point ! C’était magique, j’ai beaucoup rit ! Enfin je vous passe la fin, parce que vous seriez choqués par la mer de sang que j’ai créé. J’ai demandé à mes démons de tout nettoyer ne vous inquiétez pas. Ils sont un peu comme des vampires en fait, ils aiment le sang.
- Tu es tarée, rit Théo.
- Oui, totalement ! Au fait, maintenant que nous connaissons ton visage, jeune épéiste, comment t’appelles-tu ?
- Guillaume, répondit-il froidement.
- Le froid c’est la vie, Guillaume ! s’amusa Anna. Le noir aussi. Et le sang ! Oui, le sang. Puis voir les gens souffrir ! C’est tout ça la vie ! Enfin tu n’as pas l’air heureux que nous voyons ton joli visage ?
- Pas tant que ça, à vrai dire.
- La dépression ! C’est aussi la vie ! Merci de me le rappeler Guillaume, je t’aime déjà beaucoup. En tout cas, je suis fière de moi ! »

Premier roman fantastique – Chapitre 9

  Les quatre amis s’étant retrouvés, ils décidèrent de partir à la recherche de précieux alliés. Il leur suffirait juste de voyager à travers les grandes villes, d’aller dans toutes les auberges magiques, et d’essayer de trouver un bon épéiste, et peut-être d’autres personnes qui pourraient les aider. Il leur faudrait ensuite se battre, aller sur le champ de bataille, et tuer tous ceux qui tentent de les détruire. Encore un très long chemin pour eux. La mode de cette guerre était de, pour ceux qui le souhaitaient, se trouver un surnom. Anna décida donc de se nommer The Darker Cat, en référence à son côté sombre, Benoît The God Slayer, pour faire référence à ses dons divins, Elena The Black Bat par simple plaisir et Théo The Perfect Arrow pour faire référence à ses flèches extrêmement précises. Le surnom du groupe serait Chaotic Sorcerers, pour faire référence au chaos dans lequel était le monde.

  Pendant de longs mois, les quatre amis parcoururent le pays de fond en comble, afin d’enfin dénicher un épéiste très doué. Il allèrent dans toutes les auberges, visitèrent toutes les villes sans succès. Mais alors qu’ils commençaient à désespérer, un combat leur permit de trouver l’épéiste qu’ils recherchaient. Cet épéiste caché ne leur avait rien dévoilé sur lui, mais ils décidèrent tout de même de l’intégrer à leur groupe, étant donné qu’ils avaient besoin d’une personne très puissante, et qu’il correspondait à toutes leurs attentes.

  De retour chez Théo, ils élaborèrent une stratégie de combat :
« Benoît et Théo restent en retrait pour nous soutenir, affirma Anna, pendant qu’Elena et notre épéiste combattent au sol. Je serai dans les airs pour vous protéger de toute menace aérienne, et en cas de problème au sol, je serai prête à fondre sur vos ennemis pour les terrasser. À chaque blessure, aussi petite soit-elle, il faut rapidement aller voir Benoît pour pouvoir combattre à nouveau sans désavantage !
- Et pendant ce temps-là, les autres sont plus vulnérables ? s’inquiéta Théo. Non non, c’est une très mauvaise idée.
- Alors, que proposes-tu ? enchaîna Anna.
- Rien actuellement, mais ton plan va nous tuer, s’emporta Théo.
- Calmez-vous, tous les deux, rétorqua l’épéiste d’une voix étrange qui ne permettait pas d’obtenir des informations sur lui. Personnellement je trouve l’idée d’Anna pas trop mauvaise. Cependant, je pense qu’il faut avoir une blessure suffisamment grave et nous octroyant un désavantage considérable pour battre en retraite et aller se faire soigner. De plus, lors d’une simple blessure, Benoît est censé être capable de nous soigner s’il se trouve à environ cent mètres de nous. Par contre, pour ta disposition, je la trouve un peu aléatoire. On peut se faire attaquer en arrière sans soucis. Je pense que Théo et Benoît devraient se tenir un peu à l’écart, environ cinquante mètres de nous maximum, et Elena et moi nous devrions combattre dos à dos. En même temps, toi, tu combats dans les airs et tu assures la sécurité de Théo et Benoît. Mais tu nous regardes quand même de temps en temps, afin de t’assurer que tout le monde est en bonne posture. Je me chargerai également de relier tous nos esprits, afin de pouvoir communiquer facilement en cas de problème.
- Relier nos esprits ? s’étonna Elena.
- Oui, je suis capable de ça. Je peux relier tous nos esprits ensemble. C’est un pouvoir très rare nous octroyant un avantage considérable. Et vous pensiez pouvoir vous battre sans connaître cet avantage ? Heureusement pour vous que je suis venu, dans ce cas. Sans moi, vous n’auriez aucune chance dans cette guerre. Et tout le monde sait ce qu’il arriverait dans ce cas. Vous êtes encore très faibles, mais vous devez vous battre, c’est une évidence. Vous allez devoir vous battre, vous entraîner et ce pendant de nombreuses semaines, voir de nombreux mois. Je ne pense pas qu’il ait planifié une guerre de plusieurs années, il n’est pas assez patient pour cela.
- Je suis prête ! affirma Anna.
- Moi aussi ! continua Théo.
- Je n’ai pas trop le choix, dit Benoît, exaspéré.
- Plus motivée que jamais ! s’excita Elena.
- Tant mieux, nous allons pouvoir y aller, s’exclama l’épéiste en commençant à sortir. »

  À peine sortis de chez Théo, ils furent confrontés à un groupe de bandits, prêts à les tuer pour obtenir quelques pièces d’or. Elena sentit une rage énorme monter en elle. Anna sauta et s’envola dans les airs, tournant autour des bandits qui la suivaient des yeux. Théo et Benoît restaient en retrait, mais assez près pour soutenir leurs alliés, et l’épéiste courut vers les bandits d’une manière furieuse, agitant habilement ses épées. Alors qu’il tentait d’atteindre directement celui qui semblait être leur chef, l’un des bandits se mit en travers de son chemin, et, d’un geste habile, le blessa avec une épée. Tranchées, sa cape et sa capuche tombèrent au sol, dévoilant un visage blond. Pris d’une rage intense, il commença à combattre son adversaire. Elena, quant à elle, avait réussi à contrôler sa rage. Elle s’amusait à se téléporter autour de ses adversaires, les déstabilisant. Théo tirait de nombreuses flèches autour de leurs ennemis, de façon à réduire leurs possibilités d’esquiver les prochaines attaques. Anna était prise par une folie meurtrière, et avait trouver un nouveau jeu : invoquer un démon, soit passif, soit dangereux à chaque seconde, pour faire peur à ses adversaires. Quand ils se rendaient compte que les démons ne les attaquaient pas, ils se sentaient rassurés, et à cet instant, Anna leur ordonnait d’attaquer. Ce petit jeu réussissait à déstabiliser de plus en plus les bandits, qui ne savaient plus quoi faire. Benoît, lassé d’attendre, s’assit dans un coin, et regardait le combat en riant. L’épéiste, soigné de sa légère blessure, avait réussi à prendre l’avantage dans le combat. D’énormes bruits de métal se faisaient entendre à plusieurs reprises chaque seconde, tant leur vitesse d’attaque était importante. Cependant, la rage de l’épéiste lui permettait de réussir à blesser son adversaire légèrement, à plusieurs reprises, ce qui lui conférait un avantage considérable. Mais alors qu’il commençait à sentir que son combat était gagné, il décida de reculer.

Premier roman fantastique – Petite modification

Bonjour, ou bonsoir.

Je fais aujourd’hui ce post pour vous prévenir de quelques modifications sur les chapitres 1 à 7. La plupart n’ont que quelques fautes corrigées, mais le chapitre 2, par exemple, contient de nombreuses modifications pour être un peu plus complet. Je vous conseille donc de tout relire pour peut-être mieux comprendre le texte.

Peace & Cacahuètes,
Thomas.

Premier roman fantastique – Chapitre 8

  Dans cette auberge, l’ambiance était totalement différente de l’ambiance mortelle de l’extérieur. À l’intérieur, tout le monde riait, personne ne s’inquiétait de ce qui allait se passer pendant la guerre. Mais lorsqu’Elena fut entrée, tout le monde se tut et la dévisageait. Puis venaient des chuchotements, des chuchotements qui parlaient d’elle, évidemment. Elle hésitait à avancer, mais Théo, posté derrière elle, la poussait en avant. Il savait de quoi parlaient toutes ces personnes, et, avant qu’elle put poser une question, il expliqua :
« Toutes ces personnes te connaissent. Tu es une personne très connue, ne me demande pas pourquoi, je n’en sais rien. Mais tu es très connue parmi ces gens. Tu peux aller voir n’importe qui dans cet endroit, tu peux être certaine que personne ne refusera de te parler. »
Pendant plusieurs heures, Elena allait se présenter à de nombreux mages. Le premier était âgé d’une vingtaine d’années. Un sorcier, mais ses pouvoirs étaient très faibles. Il n’était pas capable de parer une attaque ne provocant qu’une faible coupure. Elle se dirigea vers une épéiste et la défia en duel. L’épéiste dégaina son épée très rapidement, et para toutes les attaques de base d’Elena sans problème. Mais lorsqu’elle commença à attaquer, Elena arrivait à détecter quelques failles qu’elle utilisait pour blesser son adversaire. Au bout d’une heure de combat, elle finit par immobiliser la jeune épéiste, sans avoir encaissé un seul coup. Désolée, elle passa son chemin vers un flyer. Impossible de deviner son âge. Vingt ans, peut-être trente ? Il était en train de dormir. Amusée, Elena lançait une faible attaque, qu’il para sans problème. Une fois réveillé, il provoqua Elena en duel. Ce duel ne dura que cinq minutes. Il était très doué pour parer, mais lors de ses attaques, il était totalement vulnérable, et Elena n’eût aucun mal à l’arrêter. Un archer réussit à la blesser, un prêtre à la soigner, mais aucun n’était assez puissant pour se joindre à elle. Désespérée, elle retournait vers Théo.

  C’est alors que le patron apparut, accompagné de deux personnes. Ils se quittaient sur des remerciements, et lorsqu’ils se retournèrent, Elena fut bouleversée, et hurla :
« Vous étiez morts !
- Morts ? Mais pourquoi as-tu pensé ça ?
- Et l’explosion ?
- Quelle explosion ?
- Je…
- Tu ?
- Comment vous avez pu… ?
- Mais finis tes phrases, bon sang !
- Mais…
- Mais ?
- Vous étiez morts !
- Mais je ne vois pas de quoi tu parles !
- L’explosion… j’ai failli en mourir, j’ai tenté de vous sauver mais… je ne pouvais pas !
- Mais de quelle explosion tu parles ?
- Les immeubles… ils étaient en ruines !
- En ruines ?
- Si je peux me permettre, les coupa Théo, je crois avoir compris quelque chose.
- Compris quoi ?
- Mon père est très doué dans l’art de la manipulation. Quelques jours avant que tu aies la bonne idée de hurler dans ma cave, mon père s’était absenté toute la journée, et était rentré très, très tard. La nuit. En plein milieu de la nuit. Je ne suis pas descendu, mais je pense que c’est à ce moment qu’il t’a enfermée dans la cave. Il a passé beaucoup de temps dans la cave. Probablement le temps de faire tes liens. En fait, pour t’attirer, il était en train de t’espionner et de contrôler tes pensées. Il a lancé un sort pour t’enfermer dans un petit périmètre, pour que tu ne puisses jamais sortir. Ensuite, il a lancé un sort pour tout faire exploser, tout en étant certain que tu serais touchée par le souffle de l’explosion mais que tu ne meures pas. Il a donc attendu que tu t’épuises, puis il t’a emmenée dans la cave. Il est fou, mais pas bête.
- Vous m’expliquez, vous deux ? Questionna Anna. »
Alors qu’ils allaient s’installer à une table, Elena leur expliquait tout ce qu’il s’était passé lors de leur séparation. En parlant d’abord du piège, du panneau, de l’explosion. Ensuite de la cave, de l’arrivée de Théo, pour finir avec le combat contre la silhouette et de sa pitoyable défaite. Un silence pesant s’était installé dans la salle, et tout le monde écoutait l’histoire d’Elena. Une fois terminée, elle s’aperçut que tous les regards étaient tournés vers elle. En balayant la salle du regard, ses yeux s’arrêtèrent sur une personne dans l’ombre. Anna la suppliait de ne pas aller voir cet ombre, mais elle ne pouvait s’empêcher de s’approcher de cette personne. Le silence ne disparaissait pas, tout le monde la suivait du regard, sans dire un mot. Une fois face à lui, elle s’assit. Après un long silence, une voix grave sortit de la bouche de ce mystérieux homme :
« Bonjour, Elena
- Bonjour, répondit-elle froidement.
- Inutile d’être aussi froide, je ne te veux aucun mal.
- Je ne suis pas froide.
- Si, tu l’es.
- Non.
- Bien, je souhaitais te proposer quelque chose.
- Je refuse.
- Écoute, avant de refuser.
- Je refuse, avant d’écouter.
- Bien, ce que je souhaitais te proposer…
- Viens Elena, on s’en va, le coupa Théo.
- Lâche-moi Théo ! Hurla Elena.
- Toi, tu vas regretter de m’avoir… »
Lorsqu’il vit que toutes les personnes présentes dans la pièce étaient prêtes à l’attaquer et le tuer, il se tut immédiatement et ne finit pas sa menace. Il ajouta seulement qu’un jour, il finirait par regretter cette journée, et le supplierait de lui pardonner.

  Elena fut contrainte de suivre Théo, et, une fois dehors, Anna s’énerva :
« Mais tu es inconsciente ! Espèce de folle, cette homme ne voulait que ta mort !
- Comment peux-tu en être sûre ? questionna Benoît
- C’est très simple. Tu disais que tu avais un pouvoir de divination et que tu l’as scellé, pour protéger ta famille, n’est-ce pas ?
- Oui, c’est bien ça, pourquoi ?
- Donc tu es certain de ce que tu affirmes ?
- Oui, je suis certain, pourquoi ?
- Menteur.
- Comment…
- En réalité, monsieur Benoît ne nous dit pas ce qu’il pense. Il a scellé son pouvoir de divination car il a vu qu’il serait contraint de te suivre, Elena. Et il voulait te tuer, dès que tu serais chez lui.
- Comment, tu as voulu me tuer ? s’emporta Elena
- Mais c’est totalement faux !
- C’est vrai. Tu avais un pouvoir de divination, et moi, j’ai le pouvoir de lire dans tes pensées.
- Donc tu as su que cet homme voulait ma mort en lisant dans ses pensées ?
- Il ne souhaite pas réellement ta mort. Il souhaite que tu combattes pour lui pendant la guerre. Une fois la fin de la guerre, tu seras bien affaiblie, et à sa merci. Tu es plus forte que lui Elena, il a peur de toi. Mais il compte t’utiliser dans un rituel très, très noir.
- Un rituel noir ? s’interrogea Théo. Lequel ?
- L’immortalité.
- L’immortalité ? s’étonnèrent Théo et Benoît en même temps.
- Oui, l’immortalité, ajouta Elena. Pour être immortel, il faut de nombreux sacrifices. Des milliers, probablement. Il est à l’origine de la guerre, c’est lui qui a créé ce conflit. Ne me demandez pas comment, je n’en sais rien. On pourra lui poser la question lorsque cette guerre sera terminée. Il voulait juste trouver un moyen de m’affaiblir. Il a tué de nombreuses personnes. Plus que nécessaire. Il a besoin de tuer un mage de sa puissance ou plus fort que lui : moi. Ensuite, il devra tuer des personnes sans importance, tels que des collaborateurs, ou je ne sais qui. Enfin, quelqu’un qui ne vaut rien pour lui. Une centaine, sûrement. Et ensuite, il devra boire mon sang. Quel plaisir de savoir que mon sang lui est essentiel. Vous pourriez me tuer maintenant et lui éviter la possibilité d’être immortel…
- Non ! la coupa Anna. Justement, il veut que tu réagisses de cette manière. Il n’est pas obligé de te tuer. Il faut juste que tu sois morte et qu’il récupère ton sang. Ce qui sera possible si tu te suicides. Tous les quatre, nous seront capables de l’affronter. Tu essaieras d’économiser tes forces puisque tu es plus puissante que lui. J’essaierai de gérer mon surplus de puissance qui me fatigue. Une fois qu’il sera géré, je n’aurai plus de raisons de me reposer. Théo sera là pour nous couvrir avec ses flèches, il pourra également m’aider à affronter d’autres flyers. Il nous faudrait juste un épéiste de légende pour gérer des sorciers et des épéistes à lui tout seul. Benoît sera là en soutien, pour nous soigner quand nous aurons des blessures peu graves. Ensemble, nous sommes capables de tout ! »

Commentaires

Hellow tout le monde !

Je fais ce petit post simplement pour vous dire que vous ne devez pas hésiter à poster un commentaire ! Même s’il est négatif ;) au contraire, les commentaires me font plaisir et me permettent d’améliorer mes textes ! :D

Donc n’hésitez vraiment pas à poster un commentaire ;)

Premier roman fantastique – Chapitre 7

  Il existait des cafés un peu spéciaux nommés « Auberges magiques ». Ils étaient en fait utilisés pour rencontrer toutes sortes de mages, et donc de les recruter pour des projets plus ou moins ambitieux, plus ou moins meurtriers. Elena et Théo s’y dirigeaient. Elena était perdue, mais Théo connaissait par cœur les alentours, et savait donc par où passer pour ne pas perdre de temps.

  Sur le chemin, une silhouette noire leur barra le passage. Tandis qu’Elena tentait de négocier pour passer, Théo sortit son arc pour se défendre en cas de piège. Et lorsqu’il regarda autour de lui, il s’aperçut qu’ils étaient encerclés par de nombreuses silhouettes noires. Il tentait d’alerter Elena, mais elle avait déjà remarqué que tout n’était en fait qu’un piège. Un flèche vola. Dans la tête d’une des silhouettes qui s’effondra immédiatement. De nombreuses silhouettes tombaient les unes après les autres, mais la première n’avait toujours pas bougé. Elena comprit pourquoi, malheureusement trop tard pour esquiver totalement l’attaque. Elle fut projeter à quelques centaines de mètres et s’étendit au sol, inconsciente. Théo sentit alors une rage intense se propager dans tout son corps. Prendre une flèche, tendre la corde, relâcher. Ces gestes d’apparence simple, mais en fait très complexe qu’il maniait avec une maîtrise et une rapidité extraordinaires.

  La silhouette était étonnée au début, mais se ressaisit très rapidement. Alors les attaques volaient de partout, tantôt contre la silhouette, tantôt contre Théo. Aucun ne parvenait à atteindre sa cible. Théo tirait une flèche au dessus de lui puis s’écartait. Son manque de vigilance lui valut de se prendre une faible attaque de la part de la silhouette, mais qui le désavantageait tout de même. Le combat durait pendant des heures sans pour autant qu’une attaque atteigne sa cible. La flèche tirée précédemment par Théo était en train de retomber, et il se plaçait sur sa trajectoire. Il la reçut en plein dans le crâne qui s’ouvrit en deux. La silhouette, croyant à un suicide, s’éclata de rire. Mais lorsqu’elle vit Théo se relever, elle était totalement déboussolée. Impossible de comprendre comment il avait réussi à survivre à une attaque de cette puissance, comment son crâne, qui était fendu en deux quelques secondes auparavant, pouvait n’avoir aucune trace d’attaque. Comment la blessure que Théo avait à cause de l’attaque qu’il avait reçue avait pu disparaître ? De nombreuses questions traversaient l’esprit de la silhouette, mais elle ne trouvait aucune réponse. Et pendant ce temps de réflexion, Théo s’était rendu invisible, et avait eu le temps de charger de nombreuses flèches qu’il tirait dans les airs. Toutes ces flèches tombaient petit à petit et clouaient la silhouette au sol. Théo chargeait donc sa dernière attaque, une attaque qui lui permettrait de tuer la silhouette. Il tira. La silhouette ne bougeait plus, ne respirait plus. Elle était morte.

  Théo, après avoir rangé son arc, se mit à courir vers Elena. Elle était juste assommée, elle respirait et n’avait apparemment aucune blessure grave. Il décida donc de rester quelques heures ici et d’attendre qu’elle se réveille pour pouvoir continuer leur périple.

* * * * *

  Quelques heures plus tard, Elena était réveillée. Théo lui avait raconté tout ce qu’il s’était passé pendant le combat, comment il avait réussi à tuer la silhouette. Il l’attendait pour découvrir son visage. Mais la silhouette avait étrangement disparu, tout comme les autres silhouettes. Il n’avait pourtant vu personne l’approcher. Ce monde était définitivement bizarre. Ils décidèrent donc de continuer sans se soucier de ce point. Ils avançaient donc vers l’auberge magique la plus proche. Quelques minutes plus tard, ils étaient arrivés. Ils poussèrent la porte et entrèrent.

Premier roman fantastique – Chapitre 6

  Observer le monde se détruire était très amusant. Mais savoir qu’il était l’origine de cette destruction le rendait éternellement heureux. Il avait créé la guerre des mages. Une guerre sans précédent, une guerre qui détruirait tous ces incapables sans pouvoir. Il ne resterait que des élites, des personnes capables de constituer une armée invincible. Seuls les faibles périraient, c’était ce qu’il voulait. Il saurait tous les contrôler, il allait créer sa propre armée, dominer le monde, et devenir immortel (car oui, il y avait bien un moyen de devenir immortel, mais il fallait de nombreux sacrifices). Un sacrifice de plus ou de moins n’était pas son problème, le seul problème était qu’il devait trouver une personne extrêmement puissante, plus que lui, mais qui n’avait pas découvert l’étendue de son pouvoir. Cette personne était Elena. Il devait donc attendre la fin de la guerre, tuer Elena et boire son sang pour devenir immortel. Il devrait ensuite tuer de nombreuses autres personnes sans réelle importance à ses yeux, et il serait enfin immortel. Il rêvait de ça depuis de longues et nombreuses années, et il allait enfin réussir !

  Cependant, il n’était pas seul. Il avait promis à certains collaborateurs de les rendre immortels. Une promesse qu’il ne tiendrait pas, mais il avait besoin d’eux pour être des sacrifices et pour capturer Elena. La course à l’immortalité avait donc commencé, et il avait énormément d’avance sur ses adversaires. Ils ne se doutaient actuellement de rien. Son pouvoir lui permettant de lire dans les pensées l’aidait énormément pour son projet. Il savait qui comptait s’opposer à lui ou non. Il avait déjà éliminé deux de ses collaborateurs sous les yeux des autres en précisant évidemment que dès qu’il voyait dans les esprits une envie de rébellion, il ne le pardonnait jamais.

  Il faisait également tout pour garder sa famille en vie. Non pas qu’elle soit importante pour lui, mais elle constituait un sacrifice supplémentaire, et s’il pouvait garder quelques sacrifices sous la main pour que tout se passe bien, tout serait parfait. Il avait déjà envisagé toutes les possibilités pour son avenir, et la seule issue possible qu’il voyait était l’accès à l’immortalité. Il n’envisageait pas un seul échec. Tout était prévu, tout fonctionnerait.

Premier roman fantastique – Chapitre 5

  Chaque seconde de chaque minute de chaque heure de la journée était un supplice. Rongée par la faim, apeurée par le noir et par ce que pourrait lui faire ce vieil homme, Elena ne savait plus que faire. Les liens qui l’empêchaient de bouger lui faisaient atrocement mal, ils avaient été serrés beaucoup trop fort et lui coupaient presque la circulation de son sang. Mais elle était certaine d’une chose, elle ne changerait pas de comportement vis-à-vis du vieil homme, elle continuerait à animer cette haine, elle continuerait à l’injurier, à faire des centaines et des centaines de reproches. Mais, alors qu’elle était en train de réfléchir à ce qu’elle pouvait faire, elle eût une idée. Si elle était chez le vieil homme et son fils, peut-être qu’en criant, elle pourrait alerter le jeune homme. Elle se mit donc à hurler, pendant quelques minutes sans jamais s’arrêter. Puis elle entendait de gros bruits, comme si une personne lourde de plusieurs tonnes venait de s’écrouler sur le sol. Elle se tut. Son cœur battait extrêmement vite et fort, et elle commençait à douter de son idée. Peut-être que le vieil homme venait de tuer son fils et descendait dans la cave pour la tuer à son tour. Des bruits de pas. Un silence. Quelqu’un descendait doucement les escaliers, comme s’il se retournait derrière lui à chaque pas, pour vérifier s’il était suivi ou non. Un pas. Silence. Un autre pas. Silence. Un silence un peu trop long. Le bruit d’une étagère qui s’écroule. Un hurlement. Les bruits de pas reprennent, mais cette fois en sens inverse. La personne monte rapidement les escaliers et ensuite, plus aucun bruit. Quelques minutes, puis, tout à coup, une explosion, et de la lumière apparut à la porte.

  Cette fois, ce n’était pas le vieil homme qui apparu, mais une silhouette bien plus musclée, bien plus grande. Elena aperçut des cheveux bruns. Puis cette personne alluma la lumière. Il était grand, bien plus grand que le vieil homme. Elena le trouvait très beau. De beaux yeux verts, avec un regard insistant, une bouche un peu pulpeuse, qui donnait envie d’être embrassée. Les épaules larges, tous ses muscles étaient bien développés et étaient bien visibles. Il se tenait droit, donnait l’impression d’être serein et faisait également un peu peur à Elena. Il restait à la porte pendant quelques minutes, bouche bée, incapable de comprendre ce que faisait une fille de son âge dans la cave de son père. Il la regardait pendant deux autres minutes, pour admirer son corps, puis s’avança un peu de manière déterminée et sûre. Il commençait à enlever les liens, mais, n’y arrivant pas, ressortit de la cave, sans prononcer un mot. Elena tentait de crier pour qu’il revienne, mais il ne revint pas avant une dizaine de minutes, armé d’un arc. Il le pointait sur elle, et, apeurée, elle fermait les yeux. Une seconde, deux, trois, puis le bruit d’une flèche tirée. Il n’avait pas tiré sur elle, mais sur ses liens, et l’avait libérée avec une facilité déconcertante. Il se décida enfin à parler :
« Je suis Théo, fils du vieux qui t’a gardée ici pendant je ne sais combien de temps, archer depuis quelques années maintenant, décidé à venger la mort de ma mère.
- Enchantée, dit-elle d’un air gêné. Je suis euh… Elena, oui, je suis Elena !
- Enchanté Elena. Que fais-tu ici, dans le noir ?
- Tu devrais demander ça à… ton père ?
- Oui, c’est bien mon père. Enfin, j’aurai préféré qu’il soit mort à la place de ma mère, mais bon, c’est ainsi. Je repose ma question : que fais-tu ici ?
- J’étais à ta recherche quand j’ai rencontré ton père, qui m’a indiqué un endroit où tu étais censé habiter. Ce n’était qu’un piège pour me tester. Enfin c’est ce qu’il m’a dit. Mais ce piège a tout de même tué deux de mes amis !
- Tu m’en vois navré. Il a probablement fait ça pour savoir si tu étais digne de voyager avec moi… cette passion pour me trouver une petite-amie digne de ce nom le dévore et m’énerve ! Et s’il va même jusqu’à tuer des personnes pour arriver à son but…
- On pourrait changer d’endroit ? Je commence à développer une claustrophobie à force de rester coincée ici.
- Suis-moi »
Ils sortirent donc de la cave, montèrent les escaliers, et, avant de sortir de la maison, Elena aperçut le vieil homme allongé par terre, écrasé par l’étagère tombée quelques instants auparavant. Elle ne put empêcher un cri d’horreur sortir. Théo lui expliqua qu’il avait dû se battre avec lui pour pouvoir aller la voir. Et l’utilisation de magie trop puissante dans cette maison avait détruit de nombreux meubles et renversé l’étagère sur le vieil homme. La maison était dans un désordre impossible. Tous les meubles avaient été réduits en poussière, de l’eau sortait de tous les tuyaux, du sang coulait autour du vieil homme, des morceaux de vaisselle étaient éparpillés de partout. Le spectacle n’était pas beau à voir, et Elena commençait à ressentir une étrange peur de cette maison.

  Une fois dehors, Elena lui expliquait ce qu’elle comptait faire désormais, et Théo lui proposa de continuer leur chemin ensemble. Elle ne serait donc plus toute seule pour avancer. Et c’est ainsi que son aventure recommença.

Premier roman fantastique – Chapitre 4

  De nombreuses explosions retentirent. Elena tenta de se téléporter le plus loin possible, mais le souffle l’éjecta sur plusieurs mètres de longueur. Tout en s’essuyant pour s’assurer de ne pas avoir de blessure grave, elle se relevait. Une larme, puis deux, puis un torrent de larmes commençait à faire son chemin sur ses joues. Elle devrait tout recommencer. Repartir de zéro. Mais cette fois elle ne vivrait pas que pour venger sa famille. Elena vengerait tous les morts à cause de cette guerre. Une nouvelle fois animée par la haine, une haine plus puissante que jamais. Elle regardait derrière elle, tous ces débris. Sous lesquels reposaient désormais Anna et Benoît. Prise d’assaut par de nombreux sentiments, elle hurla et lança une série de nombreux sorts extrêmement puissants, qui auraient pu tuer n’importe quelle personne. Une fois calmée, elle s’assit par terre et réfléchit quelques minutes. Maintenant qu’elle avait perdu deux très puissants alliés, qu’allait-elle faire ? Allait-elle continuer sa quête de vengeance ou tout abandonner ? Il était encore temps de tout arrêter. Mais pour elle, hors de question de salir leur mémoire et d’abandonner leur quête commune. Elle était responsable de leur mort. Premièrement, elle les avait emmenés avec elle. Deuxièmement, elle n’avait su les protéger après être tombée dans ce piège. Pas moyen de les oublier. Leur présence était trop intense. Ne jamais trop s’attacher. C’est le visage trempé de larmes qu’Elena continuait son chemin.

  Ses informations étant erronées, Elena ne savait pas où chercher la dernière personne qui était censée les rejoindre. Un archer très puissant, très certainement, mais où le trouver ? Mystère… Elle regardait aux alentours. Tout ce qu’elle voyait n’était que débris et ruines. L’explosion avait rasé les dernières habitations encore debout. La jeune sorcière commençait à étouffer à cause de l’abondance de poussière dans l’air. Elle commençait donc à s’éloigner de cet endroit… cet endroit où reposeraient éternellement en paix Anna et Benoît. Les minutes étaient très longues, le chemin très plat et uniforme, et l’endurance d’Elena était trop faible actuellement. La poussière avait empli ses poumons et l’empêchait de respirer correctement. Tout semblait flou et incompréhensible. Tout semblait irréel, tout n’était qu’un rêve. Un rêve bientôt terminé, elle allait bientôt sortir de ce rêve. C’était du moins ce qu’elle pensait. Sauf que tout était bien réel, l’explosion, les ruines, les morts, tout. Rien n’était dû à son imagination. Elle devait désormais avancer seule, en attendant de trouver quelqu’un d’autre pour l’accompagner.

* * * * *

  Elle tentait de rejoindre la ville la plus proche de son emplacement. Mais la magie utilisée pour l’empêcher de retourner sur ses pas l’avait emmenée loin, trop loin. Peut-être ce piège n’était pas un réel piège, mais était en fait un moyen de l’emmener à destination. Peu importe, elle devait trouver un endroit où se poser, réfléchir, et passer la nuit. Épuisée mais déterminée, elle continuait son chemin. Pendant des heures, Elena continuait son chemin. Pendant des heures, elle marchait, sans but. La nuit était désormais tombée, et il n’y avait apparemment aucune ville aux alentours. Il lui fallait absolument se reposer, mais plus elle perdait de temps à se reposer, plus ses chances de trouver cet archer vivant étaient minces. Elle continuait donc son chemin pendant presque une heure, et, épuisée, elle se résigna à s’arrêter pour dormir pendant quelques heures.

* * * * *

  Le lendemain, à son réveil, Elena était dans une salle close, noire, attachée à une chaise. « Pitoyable », se dit-elle dans un premier temps, puis, s’apercevant que ses liens était magiques également et qu’elle ne saurait les briser, elle se résigna à attendre. Quelques minutes plus tard, une silhouette apparu à la porte et alluma la lumière. Elena cria alors immédiatement :
« Vous ! Vous m’avez piégée ! Vous m’aviez dit que je pourrais trouver… ce… cet archer et vous m’avez en fait piégée et tué mes amis ! Comment ? Comment avez-vous pu faire une telle chose ?
- Je suis navré pour tes amis, mais je ne pouvais laisser n’importe quelle personne s’approcher de mon fils bien-aimé.
- Était-ce une raison pour tuer mes amis ?
- Je te le répète, je suis navré.
- Ce ne sont que des paroles ! Je n’y crois pas une seule seconde !
- Si tel est ton désir, ne crois pas ce que je dis. Cependant, tu dois me faire confiance et me croire pour pouvoir approcher mon fils bien-aimé.
- Je ne sais même pas qui est votre fils !
- L’archer que tu recherches depuis si longtemps. Ce piège n’était qu’un test. Si tu sortais vivante de ce test sans être emportée par le souffle de l’explosion, le test était échoué. Mais tu es vivante, et ton désir de sauver tes deux amis a bien failli te coûter la vie. Tu es exactement le genre de fille qui peut s’occuper de mon fils pendant son périple. Sa mère est morte il y a peu, et il a décidé, tout comme toi, de la venger. Il ne peut partir seul, et, hélas, je suis trop vieux pour ce genre d’aventure.
- Mes amis n’étaient donc que des objets à ce test !
- Tout à fait, mais leur mort n’était pas volontaire. En réalité, je pensais qu’ils viendraient avec toi et que tu aurais essayé de les porter pour t’échapper. Tout ne s’est pas passé exactement comme je l’avais prévu. J’en suis totalement désolé.
- Vous n’êtes désolé de rien ! Comment avez-vous pu vous servir de personnes de cette façon ? Ils étaient des êtres humains ! Votre fils sera au courant, soyez-en sûr, et il vous détestera, encore plus que moi, si c’est possible.
- Il peut me détester autant qu’il le souhaite, je n’ai fais ça que pour son bien, et il s’en rendra compte, un jour. Il reviendra vers moi, en rampant à mes pieds pour s’excuser.
- Vous n’avez pas de cœur !
- Parce que toi, tu en as un ? Te résigner à les abandonner était une preuve d’amitié et de bravoure ?
- Je connais ce sort, on rentre, mais on ne sort pas. Aucun moyen de briser cette règle. Il faut obligatoirement avancer. Je ne pouvais rien pour eux, et s’ils sont mort, c’est uniquement de votre faute !
- Rejeter la faute sur les autres alors que nous sommes nous-même en tord. C’est pitoyable.
- Et vous, vous faites quoi, là ?
- Je t’ai peut-être surestimée, tu n’es pas digne de mon fils. Je vais te laisser quelques jours dans cette cave, et on verra ce que tu diras ensuite.
- Vous n’êtes qu’un… qu’une ordure ! »

Premier roman fantastique – Chapitre 3

  Après ce combat éprouvant, Anna et Benoît furent contraints de faire une pause en attendant le réveil d’Elena. Le jeune prêtre avait réussi à soigner ses blessures rapidement et sans trop de difficulté. Sans lui, Elena serait probablement déjà morte, ou sur le point de mourir. Anna ne savait pas comment le remercier, car même si elles étaient froides entre elles, la flyer avait finit par beaucoup s’attacher à cette petite sorcière. Ils observaient le cadavre du sorcier, du moins la poussière qui le représentait. Comment Anna, qui n’avait su vaincre Elena, avait réussi à tuer un sorcier beaucoup plus puissant ? Ses pouvoirs augmentaient leur puissance à chaque combat ? À chaque invocation ? Et comment avait-elle pu invoquer des dizaines de créatures sans ressentir la moindre fatigue ni la moindre difficulté ? Benoît en était certain, Anna était une personne extrêmement puissante, mais ses pouvoirs restaient enfermés à l’intérieur de son corps, attendant que ses sentiments explosent pour se manifester. Anna s’endormit dans les bras de Benoît.

* * * * *

  Lorsqu’Anna fut réveillée, la nuit était déjà tombée. Elena tenait à peine debout et Benoît avait fini par s’endormir également, sa tête appuyée sur celle d’Anna. Lorsqu’elle tenta de bouger, elle n’y arriva pas. Son corps ne répondait plus. Elle voulu parler mais ne put pas. Elena, voyant son regard affolé, la rassura :
« C’est normal. Benoît m’a raconté ce que tu as fait. Je ne suis pas surprise. J’ai toujours cru en toi. Même si je n’imaginais pas que tu puisses être puissante à ce point. C’est remarquable. Au début, quand tu utilises une quantité de magie importante, tu vas être paralysée pendant quelques minutes. Dans dix à vingt minutes tu seras rétablie, ne t’inquiète pas. Il faut juste que tu arrives à gérer ça, mais avec le temps tu sauras tout gérer sans problème, fais-moi confiance. »
Anna voulait acquiescer, mais elle ne put pas non plus. Elena sourit. Elle comprenait son désarroi, s’approchait d’elle, posait Benoît au sol dans une position peu confortable sans le réveiller, puis la prit dans ses bras. Elle lui chuchotait des mots rassurants, et Anna se rappelait des jours où sa mère la consolait, de la même manière, avec les mêmes mots. Elle laissa échapper un « maman » puis éclata en sanglots.

* * * * *

  Le lendemain matin, lorsque tout le monde était rétabli de la veille, ils reprirent le chemin. Cette fois pas de plaine vide avec une maison invisible. Juste un quartier résidentiel, avec de nombreux immeubles tous aussi hideux les uns que les autres. Anna eut soudain envie de vomir, rien que cette vue la dégoûtait. Des immeubles abandonnés, rongés par les plantes et la pluie. Une odeur forte et désagréable dont elle ne connaissait pas l’origine. Elle laissa Elena aller à la rencontre du prochain et dernier adolescent seule. Bâtiment numéro un, deux, trois, quatre, cinq, quinze. Quinze ? Où étaient les autres bâtiments ? Elena continua son chemin. Seize, dix-sept, vingt, trente, trente-quatre. Les bâtiments étaient numérotés d’une manière inquiétante et étrange. Elle se sentait observée. Ses informations ne pouvaient pas être inexactes ! Aurait-elle été mal renseignée ? En continuant, elle aperçut un étrange panneau sur une porte. Il était inscrit :
Elena, si tu lis ce panneau c’est que tu es tombée dans mon piège. Tu as cinq minutes pour partir loin, après lesquelles tous les immeubles exploseront. J’espère pour toi que tu es venue seule, sinon il se pourrait que tu ne puisses sauver tes amis. J’ai ensorcelé cet endroit, tu ne peux pas retourner sur tes pas. Tu ne peux qu’avancer. Courage Elena, tu vas survivre.
Piégée ? Elle, piégée ? Impossible. Strictement impossible. Elle ne pouvait pas l’admettre. Folle de rage, elle tentait de retourner sur ses pas, mais ne voyait que l’immeuble avec ce panneau. Elle hurlait pour appeler Benoît et Anna, attendit une minute puis se mit à courir, à fuir. Les laisser mourir ici. Comment pouvait-elle faire ça ? Anna avait placé sa confiance en elle, et elle s’apprêtait à la trahir. Mais elle n’avait pas d’autre choix. Aucun autre choix possible. Elle fuit.


12


Leslecturescursives |
Laitetmiel |
Classe1verse |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | l'écume des sentiments
| Dame l'Enchanteuse
| zonarde